Élection 2026 qui dirige les villes françaises. Salut à toutes et à tous, salut Ingrid. Salut Hugo, tu vas bien ? Ça va, ça va et toi ? Ça va très bien. Et bien on se retrouve aujourd'hui pour faire un petit bilan des élections municipales qui viennent de se terminer au moment où on enregistre cet épisode. Les élections municipales, ce sont les élections pendant lesquelles les Français élisent le ou la mer de leur ville. Donc le premier tour, c'était le 15 mars, le deuxième tour, le 22 mars. Peut-être une petite précision sur le mot « mer » au niveau de l'orthographe, à ne pas confondre « mer, mer et mer ». Vous vous connaissez évidemment, vous avez appris au niveau A1 la mer de quelqu'un, M-E-A-R-E, la maman. Il y a la mer dans laquelle on se baigne, M-E-R. Et ensuite, la personne qui dirige une ville, ça peut être un ou une mer, M-A-I-R-E. Donc au niveau de la prononciation, c'est exactement pareil. Mais voilà, c'est pas du tout la même signification, c'est la beauté du Français. Alors du coup, vous avez entendu parler, c'est sûr, un de ces élections, si vous suivez un peu l'actualité française. Mais c'est vrai que ça peut être difficile à suivre, parce qu'il y a beaucoup de villes, parce que c'est une élection qui est un peu compliquée. Et puis, souvent dans les grands médias français, il y a une tendance à utiliser ces élections plutôt pour faire des analyses générales sur la politique française, surtout que bientôt d'ici il y a à peu près un an, on va avoir les élections présidentielles. Donc ça, les journalistes aiment bien commenter et puis faire des projections à partir de tout ce qui est dans l'actualité. Donc nous aujourd'hui, on va parler un peu de tout ça, mais comme d'habitude, on va être assez pédagogique. Et c'est pour ça qu'on va commencer dans une première partie par vous expliquer déjà les bases. Qu'est-ce que c'est qu'un mer ou une mer ? Comment fonctionnent les élections ? Quelles sont les dynamiques ? Ensuite, dans une deuxième partie, on fera quand même une petite conclusion des grandes forces en présence. On ne va pas partir sur des conclusions trop directes, mais quand même on vous parlera un peu des différents parties de comment ils ont avancé, où ils ont perdu, etc. Et puis, si on a le temps, on se fera une petite troisième partie où on parlera plus de nos expériences personnelles. Puisque les villes dans lesquelles on habite, Marseille et Toulouse sont assez représentatives de différents types de scénarios qui ont pu se passer pendant ces élections. Et on vous racontera donc comment on a vécu tout ça nous personnellement. Alors pour commencer, on va vous expliquer ce que sont les élections municipales. Les élections municipales, c'est des élections locales pendant lesquelles on élit les personnes qui vont diriger la ville. En France, il y a environ 35 000 communes. Alors, bon, il y a différents mots de vocabulaire pour parler d'une ville. On peut parler d'une municipalité, d'une commune ou d'une ville. En gros, c'est à peu près la même chose, mais le mot « commune » on l'utilise plutôt au niveau juridique. On peut dire que c'est un peu le terme officiel. « Municipalité » c'est quand on fait directement référence à l'institution politique que la ville représente. Et « ville » c'est le mot plus informel qu'on emploie dans la langue de tous les jours et qu'on réserve en général aux villes qui font une certaine taille, qui ont un certain nombre d'habitants. Sinon, on parle plutôt de « village » quand il y a un peu moins d'habitants. Alors du coup, une commune, quand on parle là de délections, on va parler de communes, c'est l'échelon de base de la démocratie locale. C'est là que se décident les choses les plus concrètes de la vie quotidienne. Par exemple, tout ce qui concerne les écoles, les transports, les espaces publics, le logement social. Donc c'est vrai que ces élections sont assez importantes pour la vie quotidienne des Français qui vont choisir un peu les orientations. Et je crois que toi tu avais un exemple à Châteaureau de comme ça peut vraiment changer la vie des gens. On voit un exemple très concret, je me souviens, je pense que c'est quand j'étais au collège, je devais avoir 12-13 ans, on a changé de maire et le nouveau maire qui avait été élu, un maire socialiste, il a décidé de rendre les bus gratuits. Donc à Châteaureau, le seul transport en commun, ce sont les bus. Et je me souviens qu'avant, pour aller au collège, je devais acheter une carte de bus. Les bus étaient payants. Et puis suite à une décision du maire, ils se sont devenus gratuits. C'est une vraie révolution à Châteaureau où tout le monde pouvait prendre les bus gratuitement. Et ça a été une décision tellement populaire qu'elle est restée. Et même les maires qui ont suivi, qui n'étaient pas du même parti politique, n'ont pas pu revenir sur cette décision. C'est vraiment quelque chose que les Castelrouves-Saint, les habitants de Châteaureau adorent. Et maintenant, les bus à Châteaureau sont gratuits. C'est vrai qu'il y a beaucoup de décisions qui se font au niveau municipal, qui vont être assez communes d'un parti à l'autre. On peut changer de dirigeant, mais ça reste, par exemple, il y a des villes qui font des tarifs différents, suite pour les familles à la cantine, à l'école. Bon, ça, des fois, on peut changer de couleur politique de la mairie. Ils ne vont pas changer ça. Pareil, les décisions sur les parcs, les décisions sur comment organiser les trottoirs. C'est des choses qui sont très concrètes et qui peuvent changer d'une municipalité à l'autre. Mais quand même, on n'est pas sur des grosses grosses oppositions politiques. Ce qui va être plutôt des grosses oppositions, ça va être un peu ce qui concerne la sécurité entre la droite et la gauche. Il y a des vraies différences. Mais c'est pour dire que c'est des choses concrètes, mais souvent, c'est moins politique que quand on est sur des élections nationales. Oui, c'est vraiment des choses qui concernent la vie quotidienne. Alors, qui peut voter aux élections municipales ? Comme pour toutes les autres élections en France, la première condition, c'est d'être majeur. Il faut avoir 18 ans. Mais la petite différence avec les élections nationales, comme les élections présidentielles, c'est qu'aux élections municipales, on peut voter même si on n'est pas français. Il y a trois conditions. Il faut vivre dans la ville et pouvoir le prouver. Donc pour ça, on a des documents en France qu'on adore et qu'on demande tout le temps, ça s'appelle les justificatifs de domicile. Ça peut être une facture d'électricité, une facture internet, etc. Pour prouver que vous habitez bien dans cette ville. Ensuite, il faut être inscrit sur la liste électorale. Donc ça, c'est une démarche, quelque chose qu'il faut faire. On n'est pas inscrit automatiquement, il faut le demander. Et la troisième condition, c'est d'avoir la nationalité d'un des pays de l'Union européenne. Donc si vous vivez dans une ville française et que vous êtes italien, Slovak ou comme ma copine polonaise, vous pouvez voter. Donc, moi, ma copine, elle a pu voter à ses élections municipales à Marseille. Alors que mon mari n'a pas pu voter à Toulouse parce qu'il est péruvien. Exactement. Et le Pérou n'est pas encore dans l'Union européenne. Alors du coup, pour ses élections, comme tu l'as dit, il faut être majeur, etc. pour voter. Et on vote pour un conseil municipal. Donc des conseillers municipaux qui se présentent sous la forme d'une liste. On ne vote pas pour une seule personne. Et après, ses conseillers municipaux élisent collectivement le maire. Bon, en général, on sait tout le temps qui va devenir le maire puisque c'est la personne qui est numéro un sur la liste. Et ce conseil municipal et ce maire restent en place pendant 6 ans. Les élections sont tous les 6 ans. Il y a une spécificité dans les 3 plus grandes villes de France, donc Paris, Lyon et Marseille. Dans ces villes, on vote deux fois. Une fois pour l'ensemble de la ville, on pourrait dire, le conseil municipal. Et une autre fois pour le conseil d'arrondissement, donc dans un secteur plus restreint. Et on peut décider de voter pour une liste d'un certain parti politique au niveau de notre arrondissement et pour une autre liste au niveau de la ville. Bon, c'est assez rare. En général, on essaie d'être cohérents. Mais voilà. Et c'est la première élection où ça se passe comme ça. C'est une petite nouveauté. Parce qu'avant, on votait seulement pour le maire d'arrondissement et c'était les maires d'arrondissement qui élisaient le maire de la ville. Mais voilà, maintenant, c'est plus comme ça. Et du coup, tu l'as dit, il y a à peu près 35 000 communes en France, donc 35 000 maires, ça fait beaucoup. On a beaucoup parlé de Paris, Lyon, Marseille et Grande-Ville. Mais en réalité, il y a aussi plein de petites villes et de villages où parfois, ils ont un peu du mal à trouver des gens pour se présenter. Et pourtant, c'est quand même quelque chose qui est très important. Puisque, notamment au niveau des petites villes, le maire, il a un rôle très puissant. Il représente l'État dans la commune. Il dirige l'administration. Parfois, il a un budget qui est quand même très important. Et c'est apparemment, d'après les sondages, l'élu auquel les Français font le plus confiance. Ça, je pense que ça se confirme surtout dans les petites villes, parce que souvent, ils connaissent très bien leur maire. Ils peuvent s'adresser à lui ou à elle directement. Et donc, il y a vraiment un rapport assez fort entre cet élu et la population. Et pourtant, quand même, il faut le dire, comme pour toutes les élections en France, il n'y a pas non plus foule qui se déplace pour aller voter pour cette personne. Là, en 2026, c'était 60% de participation. Donc, ça veut dire que 40% des électeurs ne se sont pas déplacés pour aller voter. Bon, après, c'est vrai que dans certains endroits, c'est joué à l'avance. Il y en a quand même beaucoup qui ont été élus au premier tour. Et il y a beaucoup d'endroits où il y avait même une seule liste. Donc, on peut aussi comprendre que les gens leur fassent confiance, mais ils ne se déplacent pas forcément pour y aller. Alors, concrètement, ces élections, comment ça marche ? Donc, il y a deux tours. Et comme on l'a dit, on ne vote pas pour un candidat en particulier, mais pour une liste. Et il y a une condition importante, c'est que ces listes doivent être paritaires. Il doit y avoir autant d'hommes que de femmes. Et donc, comme je disais, il y a deux tours. Mais si une liste obtient plus de 50% des voix dès le premier tour, eh bien, elles gagnent directement. Sinon, ça se départage au deuxième tour. Et pour que une des listes puisse se maintenir pour le second tour, elle doit obtenir au moins 10% des voix. Et ensuite, entre les deux tours, donc entre le premier et le second tour, il y a souvent une réorganisation qui se passe avec des listes qui décident de se retirer éventuellement ou de fusionner. Et là, il y a toute une stratégie, il y a des accords entre parties dont on va parler juste après qui sont assez intéressants. C'est une vraie partie de stratégie. Et voilà. Et du coup, au niveau des résultats, tu vas expliquer après comment ça se passe au second tour. Après, au niveau des résultats, pour être sûr que le maire ou la mère élu est une vraie majorité et qu'elle puisse, où elle puisse, diriger la ville correctement, eh bien, il y a ce qu'il s'appelle une prime majoritaire. Donc ça veut dire qu'à partir du moment où on a la majorité, on a automatiquement 50% des sièges de conseillers municipaux. Et après, sur les 50% restants, c'est réparti de nouveau entre toutes les listes de manière proportionnelle. Et du coup, la personne qui est arrivée en tête, la liste qui est arrivée en tête, a, on peut dire, deux fois la majorité. D'abord les premiers 50% et ensuite la majorité à l'intérieur des 50% restants. Je vous donne un exemple. Par exemple, à Toulouse, la liste qui a fait plus de 45% au deuxième tour a à la fin 16 conseillers municipaux sur 70%. Donc c'est pas à peu près la moitié, c'est beaucoup moins de la moitié. Ce qui assure à la personne qui va diriger la ville d'avoir une vraie majorité pour pouvoir prendre des décisions très facilement. Alors maintenant, au niveau des résultats, c'est assez difficile de dire qui a gagné, c'est assez difficile de tirer des conclusions au niveau national. Déjà parce que les deux tiers des candidats qui se présentent n'ont pas d'étiquette politique. Parce qu'en fait, aux élections locales, on a plutôt tendance à voter pour une personne ou une liste qu'on aime bien sans forcément faire référence à un parti politique. Donc voilà, c'est assez difficile de dire, bon ben, tel parti a gagné les élections municipales. En fait, il y a beaucoup de différences au niveau par exemple des grandes villes, des petites villes, etc. Et c'est pour ça que après, dans la seconde partie, on va parler des différentes dynamiques qui ont lieu entre les partis politiques et ce que ça peut laisser prévoir pour les élections présidentielles de l'année prochaine. Dans cette deuxième partie, on vous l'a dit et on va essayer de tirer un peu quelques conclusions générales sur la politique française à partir des grandes dynamiques de ces élections municipales. Donc on va se concentrer surtout sur ce qui s'est passé dans les villes moyennes, là où en tout cas, on avait des partis politiques connus qui se présentaient avec leur étiquette. Alors il faut savoir que les deux partis qui dominent les élections locales en général en France, c'est toujours les mêmes, ça fait des décennies, c'est la droite qui s'appelle les Républicains, qui a eu d'autres noms avant, mais c'est vraiment la droite traditionnelle, celle de Nicolas Sarkozy que vous devez bien connaître. Et puis de l'autre côté, on a le parti socialiste, donc c'est aussi le parti de gauche traditionnel. Ces deux partis en général, c'est ceux qui ont toujours le plus de mers, mais c'est aussi ceux qui vont dominer tout ce qui est les élections régionales, les élections départementales, etc. On peut dire que c'est leur truc, c'est historique et là, ça s'est encore confirmé. Pourtant, c'était pas forcément gagné, parce que pour rappel aux élections nationales, ces deux partis ont tendance à être très faibles. Ils ont beaucoup perdu d'électeurs ces dernières années. Par exemple, le PS a fait moins de 2% aux élections présidentielles avec Annie Dalgo, le PS, le parti socialiste, et les LR, les Républicains, la droite, ont fait moins de 5% aux élections présidentielles, donc on aurait pu se dire qu'aux élections municipales, ils allaient complètement chuter, mais ce n'est pas ce qui s'est passé. Alors oui, ils ont perdu des villes, ils sont moins forts que la dernière fois, mais quand même, ça reste les deux partis principaux. Par exemple, le parti socialiste continue à diriger les plus grandes villes, ils sont assez forts sur les grandes métropoles, par exemple, ils ont Paris, Marseille, Rennes, Lille, et les Républicains, la droite, ils ont plutôt des villes plutôt moyennes, un peu plus petites, mais quand même des villes importantes. On peut citer par exemple en Bretagne-Brest, dans le sud Cannes, dans le centre Limoges, et on peut dire qu'ils ont un ancrage local. Encreage, ça vient du mot « ancre », c'est ce que les bateaux mettent pour bien rester en place quand ils sont dans le port, et bien ces partis qui sont historiques, qui existent depuis longtemps, ils ont un ancrage local, et ça s'est confirmé pendant ces élections, même s'ils ont un peu perdu leur ancrage, ils restent forts. Oui, donc comme tu l'as dit, les deux partis traditionnels de gauche et de droite continuent de dominer au niveau local, alors que au niveau national ils sont en grande difficulté, avec les élections présidentielles, mais quand on regarde à gauche, on voit qu'il y a une sorte de recomposition avec plusieurs partis. Donc en gros, à gauche en France, il y a quatre grandes forces politiques majeures. La première, on en a parlé, c'est le parti socialiste, ensuite il y a les écologistes, les verts. Le parti communiste, qui lui aussi est en difficulté depuis plusieurs décennies, mais au niveau local, il continue quand même de garder certaines villes, d'être bien représentés dans certaines villes. Et le dernier arrivé, c'est la France Insoumise, le parti de Jean-Luc Mélenchon, dont on vous a déjà souvent parlé, qui lui est très fort au niveau national depuis plusieurs élections au niveau présidentiel, mais par contre au niveau local, c'était un peu plus compliqué, ils étaient un peu moins présents et là, ça commence à changer. Oui, c'est vrai que la France Insoumise, au dernier election, ils n'avaient presque pas présenté de listes. Ils n'étaient pas prêts pour ça, parce que c'est un parti qui a seulement 10 ans, donc les dernières élections, c'était à 6 ans plein Covid. Je crois qu'ils avaient eu trois mères, mais dans des toutes petites villes qui n'étaient pas très représentatives, alors que cette fois, c'est un parti qui a proposé 500 listes, ce qui est beaucoup, ce qui montre une vraie volonté de s'en créer localement. Ils ont fini avec sept mères, la France Insoumise, notamment le plus connu, je pense que c'est celui de Roubaix, David Guiro, et il y a aussi eu la remarquable percée de Saint Denis, où il y a un maire noir qui a été élu et qui a beaucoup été médiatisé. Et puis en plus, ils ont eu beaucoup plus de conseillers municipaux qu'avant, et ils sont arrivés au deuxième tour, même s'ils ont perdu dans beaucoup de villes, dont Toulouse, je reparlerais après. Donc voilà, il y a quand même une grosse nouveauté, et c'était pas facile pour la gauche, parce qu'il faut dire qu'au niveau national, les partis ont tendance à se tirer dans les pattes, à vraiment s'opposer très frontalement à l'Assemblée nationale, à avoir des grandes oppositions de valeur au niveau de la perspective pour les élections présidentielles. Alors bon, ça reste des partis de gauche qui ont souvent des programmes très similaires, mais on sait comment c'est à gauche, on a tendance à s'opposer sur des détails. Donc là au niveau national, ça a donné lieu à des grands débats, parce que comme tu l'as dit, au deuxième tour, les listes peuvent fusionner, et il y a eu des grands débats sur qui fusionnaient ou pas ensemble à gauche. Parfois, le parti socialiste a fusionné avec la France Insoumise, mais parfois ils ont refusé de le faire, et on pourra notamment en parler parce qu'à Marseille et à Toulouse, on n'a pas eu la même configuration. Mais voilà, il y a eu vraiment cette reconfiguration à gauche, où les partis ont dû clarifier leur position, les uns par rapport aux autres, et par rapport au fait, ils ont dû décider de s'ils étaient prêts à s'unir contre la droite, ou au contraire s'ils avaient trop de différence pour pouvoir s'unir. LFI, c'est ceux qui ont connu à gauche la meilleure progression à ces élections municipales, et au contraire les écologistes, eux, ils ont eu plutôt tendance à perdre des villes, ils avaient obtenu de très bons résultats aux précédentes élections municipales, et là ils ont perdu des villes assez importantes, notamment Strasbourg-Bordeaux, qui les avaient conquises aux précédentes élections, et en fait leur problème c'est que les thèmes écologistes, maintenant on les retrouve un peu dans les programmes de tous les partis, surtout à gauche, donc ils ont plus vraiment de facteurs distinctifs, il n'y a plus forcément de raisons de voter seulement pour le parti écologiste, donc voilà, ils sont un peu en difficulté maintenant sur la scène nationale et aussi au niveau local. Et alors, le troisième point important par rapport aux résultats globaux, c'est bien sûr les résultats du Rassemblement national, parce que bon, tu l'as dit, à gauche il y a d'autres forces que la force principale, mais à droite c'est pareil, la droite traditionnelle est challengeée par l'extrême droite, et le Rassemblement national, donc ça on vous en a parlé beaucoup aussi, le parti de Marine Le Pen, est de plus en plus ancré, plutôt dans des petites villes, donc c'est vrai que quand on parlait de grandes villes, de métropoles, l'extrême droite était exclu du débat, mais en fait leur terrain de jeu c'est un autre terrain, c'est celui des villes moyennes, des territoires désindustrialisés, et ça fait quand même quelques élections, qu'ils ont de plus en plus de mers, de conseillers municipaux, ils s'en sortent plutôt bien, bon c'est vrai qu'ils n'ont pas fait cette fois une énorme percée, parce qu'ils étaient déjà assez installés depuis la dernière fois, mais donc ils ont présenté au total 600 listes, c'est déjà plus que la dernière fois, ils ont une soixantaine de mers, ça c'est beaucoup, c'est plutôt dans des petites villes, donc quand on voit en termes de population qui les ont élus, c'est pas énorme à l'échelle de la France, mais ça leur donne un bon ancrage, et alors là où ils sont le plus présents, c'est dans le nord, vraiment tout au nord, là où il y avait des usines, des mines, etc. et beaucoup dans le sud-est. Et alors un truc qui est assez intéressant, c'est que dans le sud-est, c'est plutôt une population qui est d'extrême droite, mais plutôt nationale, libérale, et qui est de plus en plus séduite par le renseignement national, grâce à Jordane Bardella, donc le numéro 2 du parti qui pourrait peut-être se présenter aux élections nationales, ça on en reparle, ça dépend si Marine Le Pen peut être élu ou pas, on vous en avait parlé de sa condamnation dans un autre épisode, mais donc voilà, moi je trouve, je sais pas ce que t'en penses, mais que les élections nationales, ce qui est le plus intéressant, c'est de voir les résultats du rassemblement national, parce que comme justement c'est un parti qui est moins fort dans les grandes villes et plus dans les territoires un peu isolés, ben là on voit quand même que ça se confirme, ils ont un bon ancrage. Oui donc c'est vrai que les deux partis qui ont le plus progressé, on peut dire les deux grands gagnants de ces élections municipales, c'est la France Insoumise, côté gauche voire extrême gauche, et le rassemblement national, côté extrême droite, et donc ça, ça pose la question de voir si ça va se confirmer aux élections présidentielles, est-ce qu'on va là aussi assister à un duel entre ces deux partis extrêmes, ou au contraire, est-ce que les partis du centre et les partis historiques vont réussir à se réorganiser ou à faire quelque chose pour pouvoir avoir un candidat sérieux à ces élections. Maintenant on va vous parler un peu plus en détail de ce qui s'est passé dans les villes dans lesquelles on habite, à savoir Toulouse et Marseille. Alors du coup, moi je peux vous parler un peu des élections à Toulouse, en fait déjà pour préciser, moi j'avais très envie que la liste de la France Insoumise gagne, et donc j'ai suivi ces élections de près, je me suis un peu impliquée dans la campagne, parce que voilà je trouvais que le programme était vraiment super, et parce que Toulouse, ça fait très longtemps que c'est une ville qui est tenue par la droite, alors que beaucoup d'habitants sont plutôt à gauche, et la conséquence c'est que par exemple, il n'y a pas beaucoup de subventions pour la culture, il y a beaucoup de gentrification, vous savez quand les loyers ont tendance à augmenter, et ce qui fait que les populations plus populaires sont un peu exclus, et donc même si j'adore cette ville, je pensais qu'avec une politique de gauche, on pourrait vraiment en faire une ville parfaite. Et j'ai eu plutôt une bonne intuition je pense en soutenant la France Insoumise, puisque il y avait deux listes de gauche, celles qui étaient avec une tête de liste LFI, et puis d'autres mouvements derrière un peu diverses, et il y avait aussi une liste plutôt partie socialiste, avec d'autres composantes. Et finalement au premier tour, c'est donc le maire sortant, le maire actuel de droite qui est arrivé en premier, et puis en deuxième il y a eu la France Insoumise, en troisième le parti socialiste, et ça ça a permis de faire une liste commune pour le deuxième tour, avec les deux mouvements de gauche, mais avec la France Insoumise en tête. Et ça c'est quelque chose qui est plutôt exceptionnel au niveau national, il n'y a aucune grande ville qui ont eu la France Insoumise avant le parti socialiste, ce qui fait que ça a permis de créer une alliance assez inédite, mais le problème c'est que pour le deuxième tour ça n'a pas fonctionné, bon alors il y a plusieurs raisons, la première raison c'est que le maire de droite est très installé, il a des très bons contacts, etc. Et donc il a très bien joué pour gagner le deuxième tour, et aussi il y a cette problématique que quand on réunit les deux lignes de gauche, alors qu'elles s'opposent dans les médias tout le temps, et bien il y a beaucoup d'électeurs qui ne s'additionnent pas, tout simplement il y a des électeurs plutôt PS, qui ont préféré voter à droite ou s'abstenir, et en même temps il y a eu tellement une campagne de diabolisation, c'est-à-dire de dire que la France Insoumise était le pire qui pouvait arriver pour la France, que je comprends que ce soit arrivé. Tampi, ce sera pour la prochaine fois. Bon à Marseille la configuration était assez différente, moi je n'ai pas suivi d'aussi près que toi, je n'étais pas du tout impliqué dans ces élections, mais en fait au deuxième tour il y a quatre listes qui se sont qualifiées, la première c'était celle du maire sortant, donc du maire qui était en poste avant, qui fait plutôt partie de la gauche traditionnelle, ensuite en deuxième position il y avait la liste d'extrême droite du Rassemblement national, en troisième le candidat LFI, et en quatrième la candidate de la droite traditionnelle. Et donc au niveau de la réorganisation entre les deux tours, là il y a une stratégie différente, puisque le parti de gauche traditionnel a décidé de ne pas s'allier avec la France Insoumise, et en fait ça c'était vraiment un débat au niveau national, est-ce que le PS doit s'allier avec la France Insoumise ou pas, et là à Marseille il a décidé de ne pas le faire en disant que voilà il avait beaucoup de points de divergence, de désaccord, et il avait peur qu'une alliance avec la France Insoumise lui fasse perdre plus d'électeurs que de lui en face gagner, et la liste de la France Insoumise a décidé de se retirer d'elle-même, donc il a dit ok vous voulez pas faire d'alliances, mais nous on veut pas prendre le risque que ce soit la liste du rassemblement national qui gagne, donc on va se retirer, et c'est difficile de dire dans quelle mesure les électeurs de LFI se sont reportés sur le candidat de gauche du parti socialiste, mais le fait est qu'il a gagné. Donc ça aussi on peut se demander s'il va se passer la même chose au niveau national, mais vraiment cette question d'alliance c'est vraiment ça qui va décider je pense l'issue de la prochaine élection. Voilà vous en savez un peu plus maintenant, peut-être un peu trop sur l'élection municipale, je ne sais pas, n'hésitez pas s'il y a des choses qui sont encore pas claires, ou si vous avez des questions dans les commentaires de l'épisode on essaiera de prendre le temps d'y répondre, parce que c'est pas forcément évident à comprendre, mais la politique locale en France c'est très important, notamment si vous êtes expatrié, que vous vivez en France, vous avez peut-être envie de mieux comprendre tout ça. Donc voilà, merci à toutes et à tous pour votre attention, et on se retrouve dans deux semaines. Merci beaucoup, à très bientôt.